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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 17:24

 

 

27082012 extent carte

 

 

C'est maintenant confirmé, après l'area (surface exprimée en glace pure) c'est maintenant l'extent (surface de glace supérieure à 15%) estivale de la banquise 2012 qui enfonce le précédent record de 2007.

De plus, ce record est battu avec 3 semaines d'avance.

En effet, la banquise de 2007 avait atteint son extension minimale le 14 septembre avec 4,1607 Mkm2, alors qu'en 2012 cette valeur a été passée le 24 août.

Le 26 août, la banquise continue sa débâcle avec 3.94 Mkm2 seulement, toujours en baisse.

 

 

27082012 extent

 

 

Pour l'area le record de 2007 était de 2.91Mkm2 le 7 septembre à quasi égalité avec 2011 (2.90Mkm2)

 

En 2012 ce minimum était passé le 17 août et au 26 août nous étions à 2.64Mkm2, soit une baisse de 9% par rapport à l'area de 2007.

C'est énorme.

 

27082012 area

 

 

On ne sait pas exactement comment la banquise va encore évoluer, car il n'y a plus beaucoup de glace fine à fondre, mais l'insolation est encore relativement forte par rapport aux dates des précédents minima.

 

Quoi qu'il en soit, les records de 2007 et 2011 sont d'ores et déjà pulvérisés.

 

 

On pensait la situation de 2007 exceptionnelle, mais un nouveau record 5 ans après, à la suite d'années 2008 à 2011 caractérisées par des minima estivaux  particulièrement faibles également, est symptomatique d'une sensibilité très forte de la banquise arctique au réchauffement de la zone.

Ce réchauffement arctique est parfaitement corrélé au réchauffement de l'hémisphère nord, alors que côté austral, la situation est beaucoup plus stable, voire inverse puisque la banquise antarctique progresse légèrement.

Evidemment ce n'est pas un évènement dont il faut se réjouir, car  le fragile écosystème arctique, si la situation perdure, ne va pas résister bien longtemps à une banquise estivale aussi réduite.

 

Les valeurs de l'extent sont tirées du NSIDC et celles de l'area de CRYOSPHERE

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 14:35

Je sens que les sceptiques vont encore s'étouffer d'apoplexie en prenant connaissance des résultats de BEST concernant l'Antarctique.

 

Je ne sais pas s'ils sont justes, mais tout de même, c'est très rigolo de voir qu'une initiative sceptique se retourne ainsi contre ses auteurs.

Il est d'ailleurs révélateur de voir des sites comme le WUWT se déchaîner actuellement contre les traîtres à la cause.

 

Il apparaît donc que, selon BEST, l'Antarctique se réchauffe lentement mais sûrement depuis 1960 (0.107+-0.063°C/décennie) avec une accélération depuis 1990 (0.216+-0.143°C/décennie)

 

 

antarctique BEST

 

 

 

On s'en doute, la marge d'erreur est importante, mais les résultats de BEST corroborent assez bien ceux d' Eric Steig, tant décriés à l'époque par ces mêmes sceptiques qui avaient, c'est une habitude chez eux, traîné leur auteur dans la boue.

 

Dans un prochain article je recauserai du Groenland car, là aussi, il semble y avoir utilisation abusive ou incompétente de données paléoclimatiques à des fins sans doute purement innocentes...

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 17:47

 

perte de masse

 

Suivant cette étude de Robinson 2012, le seuil (tipping point en anglais) d'augmentation de température globale menant à un Groenland libre de glace, serait de 1.6°C (meilleure estimation) soit 2 fois inférieur à la précédente estimation de 3.1°C.

La fourchette serait entre 0.8°C et 3.1°C.

Selon toute probabilité cette perte complète de glace serait irréversible (sauf retour inopiné et imprévisible de conditions froides)

Si on tient compte des calculs faits à partir des hypothèses de l'article précédent la température globale a dépassé 0.8°C en 2000, sera à 1.6°C en 2035, et à 3.1°C en 2094.

Il y a donc une belle marge d'erreur apparemment.

De plus la vitesse de disparition de l'inlandsis serait plutôt très lente.

 

On voit dans le  supplément de Robinson 2012 qu'on perdrait 20% de la masse en 12500 ans, par exemple, si la température globale augmentait de 2°C.

 

groenland S2

 

Si on évalue la masse totale de glace du Groenland à 2.625 millions de Gt, on aurait une vitesse moyenne de 0.2*2.625 106 Gt/12500 ans = 42 Gt/an.

 

C'est  nettement inférieur aux vitesses actuelles de perte de masse de cet inlandsis, mesurées par GRACE, de l'ordre de 275 Gt/an, en augmentation sur l'intervalle de temps considéré sur ce graphe:

 

groenland perte de masse

 

 

fonte de la surface

 

 

Parlons maintenant d'un autre indicateur qui a défrayé la chronique ces tous derniers jours.

Il s'agit des fameux "97% de fonte du Groenland" relevés par la NASA très récemment.

Bon, il s'agit en fait de 97% de la surface affectée par la fonte sans qu'on connaisse le volume exact concerné.

En plus de l'étendue, c'est la rapidité d'extension de cette surface qui est surprenante, puisqu'on est passé de 40 à 97% en 4 jours seulement.

 

 

groenland fonte

 

Selon une glaciologue, Kaitlin Keegan, il s'agirait d'un épisode assez peu fréquent, se produisant tous les 150 ans, en moyenne, et qui serait donc "dans les temps".

En épluchant les commentaires dans ce blog du Dartmouth IGERT , où écrit Kaitlin Keegan, on apprend qu'en effet, les carottes glaciaires de plusieurs sites indiqueraient des épisodes de fonte quasi généralisée se produisant, en moyenne tous les 150 ans.

Ceci dit, ces épisodes devraient être de moins en moins fréquents si on tient compte du fait que l'insolation d'été baisse régulièrement depuis 10000 ans environ du fait des variations orbitales.

En 1000 ans si j'en crois la courbe du bas de la figure ci dessous, l'insolation d'été a baissé de 5 W/m2 environ, soit, depuis 1889, de 0.61W/m2.

 

summit

 

Mais il y a peu de doute que la fonte "exceptionnelle" de juillet 2012 soit le résultat de circonstances météorologiques également "exceptionnelles", en  l'occurrence une chape d'air chaud qui a régné sur l'île à cette période.

 

C'est d'ailleurs ce que dit la NASA dans l'article:

 

"This extreme melt event coincided with an unusually strong ridge of warm air, or a heat dome, over Greenland. The ridge was one of a series that has dominated Greenland's weather since the end of May. "Each successive ridge has been stronger than the previous one," said Mote. This latest heat dome started to move over Greenland on July 8, and then parked itself over the ice sheet about three days later. By July 16, it had begun to dissipate."

 

Néanmoins, il n'est pas exclu non plus que cet épisode de fonte soit dans la même veine que les vagues de chaleur intense qui ont  sévi cette année au printemps en Amérique du Nord, en 2010 lors de l'été russe, en 2003 lors de la canicule européenne etc.

L'avenir proche devrait être de plus en plus riche d'évènements de ce genre (la faiblesse actuelle de la banquise arctique en est un autre exemple) si une tendance de fond en est à l'origine.

Pour en revenir à la calotte glaciaire du Groenland, elle ne subit pour l'instant que des attaques très superficielles déstabilisant peut-être, mais sans qu'on puisse l'affirmer, sa base et sa stabilité mécanique.

Tant qu'on ne verra pas d'accélération de sa perte de masse avec traduction dans le niveau des océans, on ne pourra que rester dans le domaine de la conjecture.

 

En supplément quelques infos sur la banquise (glace de mer à ne pas confondre avec l'inlandsis du Groenland) arctique ci-dessous.

 

la "spirale de la mort du volume de glace" suivant PIOMAS:

 

volume arctique

 

 

 

ou, figuré de manière plus classique, l'extrême baisse de ce volume toujours suivant PIOMAS:

 

 

piomas

 

 

sans commentaire.

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 20:32

 

 

 

C'est le sujet à la mode en ce moment.

 

Bon, je voulais vous parler des stratus subtropicaux, point essentiel, paraît-il, de la rétroaction nuageuse, mais le sujet est tellement complexe que je m'accorde quelque temps avant de pondre un article à ce sujet.

 

Revenons à nos glaces et en particulier à cette nouvelle étude de Rignot qui me rend, comment dire sobrement, perplexe.

 

Elle indique, en effet, une accélération importante de la fonte des calottes groenlandaise et antarctique de 36Gt/an^2, à tel point qu'on est passé de +40 Gt/an en 1992 à -600Gt/an en 2010 en perte de glace annuelle.

Il semble que deux méthodes différentes arrivent à ce résultat donc il semble difficile, à priori, de le mettre en doute.

 

0311-fonte-rignot.jpg

 

Traduit en élévation du niveau de la mer çà donne -0.11 mm/an à +1.67mm/an avec une accélération de 0.10mm/an^2.

Si on regarde ce que ça donne en cumul on aboutit à 14.25mm de variation du niveau depuis 1992 du uniquement aux calottes glaciaires.

Appelons ce niveau, NCG.

 

L'évolution du NCG, lissé, est la suivante.

 

0311 SLGA

 

 

La fonte des glaciers de montagne et des icecaps (2ème contributeur du niveau des océans) était, selon Rignot et al, en 2006, de 402 Gt/an, avec une accélération 3 fois plus faible que celle des icesheets (Groenland + Antarctique) soit 12Gt/an^2.

 

0311 SL icecaps

 

 

Si on fait la somme de ces deux contributions on obtient en 1992, 0.5mm/an et en 2010, 2.9mm/an.

 

 

Le gros problème est que, pendant cette période, le niveau total mesuré par altimétrie monte de 3.27mm/an et il n'y a aucune accélération détectable.

 

CNES-LEGOS niveau global

 

 

Le 3ème contributeur de ce niveau total est le niveau stérique, autrement dit la chaleur des océans.

Cette chaleur dépend sur le moyen terme du bilan radiatif.

Il faudrait donc supposer que ce bilan était fortement positif en 1992 pour se réduire progressivement jusqu'en 2010.

 

0311 SL stérique

 

Ce point, comme vous pouvez vous en douter, n'améliore aucunement notre compréhension de cette fameuse chaleur manquante.

 

Le bilan radiatif peut diminuer (en valeur nette) si le forçage diminue ou si la sensibilité décroît fortement.

 

Sauf si je me trompe lourdement, le fait que les glaces continentales fondent à cette allure représente plutôt un gros pavé dans la mare du réchauffement.

 

 

A moins que les barres d'erreurs permettent de nous placer un réchauffement stérique là dedans mais même dans ce cas il faudrait expliquer pourquoi il a diminué très fortement depuis 1992.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 17:09

 

 

1ère nouvelle: réchauffement de l'Antarctique

 


 

Eric Steig persiste et signe, dans Realclimate, concernant le réchauffement du continent Antarctique.

En effet, même s'il reconnaît des améliorations, quant à la méthodologie, apportées par la dernière étude d'O Donnel et al 2010, il en réfute leur mise en œuvre par ces mêmes auteurs.

Je laisserai les connaisseurs apprécier ses arguments.

 

Simplement, je reprendrai le fait suivant, signalé par Steig: bien que l'étude d'O Donnel soit basée sur les stations terrestres uniquement, elle n'est pas bien capable de reproduire la température mesurée par la station de Byrd dans l'Antarctique ouest (WAIS).

 

antarc1

 

Voici  ce que donnent les reconstructions de Steig et d'O' Donnel  avec les données brutes et une nouvelle reconstruction de Monagham.

 

antarc2 

 

A première vue, et bien que la variabilité interannuelle soit forte, O' Donnel est en retrait (au point de vue de la tendance linéaire) par rapport aux données brutes et aux autres reconstructions, ce qui est plutôt étonnant puisqu'il utilise, je le répète, uniquement les données des stations, à l'inverse de Steig qui utilise les mesures satellitaires.

 

Cette station de Byrd présente le désavantage d'être passée en mesure automatique à partir de 1980 et il semble que quelques biais peuvent survenir à cette occasion.

 

Néanmoins une étude indépendante, basée sur une méthode complètement différente, qui consiste à mesurer le gradient de température dans un forage (borehole), semble donner des résultats très proches de ceux de la station de Byrd

 

en voici l'abstract

 

 

Evidence de réchauffement récent aux latitudes polaires à partir de température de forage


Orsi, A. J.; Severinghaus, J. P.


American Geophysical Union,  réunion d'automne 2010, abstract # C24A-04


Les régions polaires se sont réchauffées significativement  pendant les 50 dernières années, et pas seulement près de la côte. Nous présentons ici deux enregistrements de température de forage: un de WAIS Divide (79 ° S, 112 ° W) dans le centre de l'Antarctique occidental, et un de NEEM dans le nord du Groenland (77 ° N, 51 ° W). Ces deux sites ont une température moyenne annuelle de -29 ° C.

Les enregistrements de température de forage nous permettent de mettre les mesures modernes dans le cadre d'une série plus longue.

Au WAIS Divide, l'enregistrement 300m nous ramène 500 ans, avant le minimum du "petit âge glaciaire".

La partie récente de l'enregistrement est en complet accord avec les reconstructions climatiques à l'emplacement de la station météo automatique et de données par satellite, montrant que WAIS Divide s'est réchauffée de plus de 1 ° C depuis 1958. (soit >0.2°C/décennie)

A NEEM, il y a un gradient de température de 1°C dans le névé entre 20 et 80m, comparativement à 0,2 ° C à WAIS.

C'est la preuve d'un rythme encore plus rapide du réchauffement ces dernières décennies.

Un réchauffement important intérieur est une préoccupation pour la stabilité de la calotte glaciaire et finalement l'élévation du niveau de la mer.

 

Il faudra attendre la publication des données, mais on notera une confirmation de l'enregistrement de la station de Byrd (WAIS divide est très proche de Byrd), ce qui constitue un point positif pour Steig.

Quoique entre >0.2°C/décennie et 0.38°C+-0.20°C il y ait certes un domaine commun mais ça reste peu précis.

 

 

2ème nouvelle:   perte de glace au Groenland

 

 

Bien que je n'ai pas l'étude de base, je reproduis ici ces graphiques paru dans skepticalscience qui concernent le bilan masse de glace de l'inlandsis groenlandais.

 

le premier décrit la variation mensuelle de la masse de glace (à partir de 2002 prise comme origine)

 

groenland

 

La perte de glace est bien sûr continue et semble s'accélérer (courbe orange)

 

On peut noter une perte record en été 2010 de 600Gt (ou km3 d'équivalent eau).

 

La perte de glace est de 400 à 500Gt/an en 2010, soit plus du quadruple de 2002.

 

Sur l'ensemble de la période la perte est de 1900Gt soit plus de 200 Gt/an et l'accélération est de l'ordre de 38 Gt/an^2.

 

 

 

Le deuxième graphique concerne des mesures indépendantes sur une plus longue période.

 

groenland2

 

 

Ce dernier graphique semble écarter la dernière hypothèse d'une surestimation de la perte de glace par mauvaise estimation du rebond isostasique puisqu'en principe le "net accumulation/loss" n'en tient pas compte, mais c'est à vérifier.

 

 

 

Ces deux informations vont évidemment dans le même sens d'une déstabilisation potentiellement dangereuse de l'inlandsis groenlandais et de la partie ouest de l'Antarctique.

 

Le potentiel en terme d'augmentation du niveau de la mer étant de l'ordre de 12 mètres pour les deux cumulés.

 

 

quelques vidéos pour illustrer les phénomènes de fonte de surface au Groenland

 

un rapide qui s'engouffre au plus profond de la glace:

 

 

 

 

 

et un manifique lac supra-glaciaire:

 

 

 

 

 

On ne distingue pas l'autre rive du lac, c'est dire ses dimensions.

Cela me fait penser d'ailleurs au fait que pourrait se développer une véritable mer intérieure sur l'inlandsis.

je ne sais si cette possibilité a déjà été envisagée.

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 11:52

 

PS: à ma grande honte, je n'avais pas remarqué que le papier d'O'Donnel était, en fait, un papier sceptique.(je comprends ainsi un peu mieux les commentaires de ceux qui ont été puiser dans les sites sceptiques, leur inspiration)

Je n'avais pas remarqué parce qu'il montrait bien un réchauffement très significatif de la Péninsule (3 fois celui de Steig) et un réchauffement moins significatif, il est vrai, du reste du continent (2 fois moins environ que celui de Steig).

Or, les sceptiques s'étaient engouffrés dans cette "faille" du réchauffement global que constituait, à leurs yeux, l'Antarctique  de l'avant-Steig (en gros car il y avait d'autres signes de réchauffement).

C'était même un refroidissement important que voyaient les sceptiques avant Steig.

Maintenant donc, ils ne voient plus de refroidissement mais un léger réchauffement peu significatif.

C'est un progrès qui rappelle les bévues d'un autre sceptique patenté (John Christy d'UAH) concernant la troposphère qui se refroidissait.

Ce papier, pour une fois, a été publié.

En conséquence, le jeu des critiques, publiées également je l'espère, devrait pouvoir commencer.

 

A lire cet article de Realclimate, où Eric Steig brosse un petit historique de l'évolution de notre connaissance du climat de l'Antarctique.

 

On sera sans doute amusé par les flèches qu' Eric décoche aux sceptiques et à la presse en général.

 

Mais là n'est pas l'essentiel, encore qu'il vise plutôt juste lorsqu'il évoque les "travaux" récents de MacIntyre (se reporter à vos sites sceptiques favoris pour plus d'information)

 

Plus essentielle (avec les réserves qui s'imposent suite au post-scriptum) est l'étude O'Donnel et al 2010 qui confirme bien le réchauffement de l'Antarctique, détecté par Eric Steig, dans sa partie ouest, mais aussi de l'Antarctique "moyen" tel que figuré dans le graphe ci-dessous.

 

 

 

 

 

antarctique 2

 

 

 

Les résultats sont un peu différents de ceux présentés dans l'étude d'Eric Steig, parue dans Nature il y a quelque temps (voir graphe ci dessous).

Les zones de refroidissement semblent plus prononcées chez O'Donnel que chez Steig.

On se rappellera peut-être le déversement de haine déversé sur celui qui avait osé remettre en cause le dernier bastion, supposé, du froid sur Terre.

 

 

 

nasa-3.jpg 

 

 

Eric promet de nous en dire un petit peu plus sur cette étude prochainement.

 

On suivra ça...

 

 

 

 

je rappelle le graphe O'Donnel sur realclimate ou plus exactement le graphe réalisé par Steig à partir des données O'Donnel (commentaire 2):

 

antarctique

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 11:41

 

 

 

Si la banquise arctique décroît quasi inexorablement depuis 30 ans et si 2010, sans être une année record, se place en 3ème place des plus fortes fontes estivales, la banquise antarctique se porte comme un  charme et est en extension continue.

 

Pour expliquer le refroidissement (un peu mis à mal d'ailleurs récemment) du continent antarctique, la déplétion en ozone stratosphérique était invoquée.

Mais il semble que cette dernière ne soit pour rien dans la croissance de la banquise antarctique constatée ces dernières décennies.

 

En effet, selon cette étude récente, la déplétion en ozone stratosphérique, si elle produit bien un refroidissement de la basse troposphère (et donc un refroidissement du continent) provoquerait, selon les modèles utilisés, une dislocation plus forte de la banquise estivale par les courants marins (transport d'Ekman) et une banquise hivernale plus faible par migration des isothermes vers le pôle sud.

Ce serait donc par deux mécanismes fort différents, illustrés ci-dessous, que la banquise antarctique devrait, selon les modèles, décroître.

 

sygmond fyfe2

 

 

Pour les auteurs, le ou les processus responsables de l'augmentation de la surface océanique  couverte par les glaces dans l'hémisphère sud, seraient donc à rechercher ailleurs que dans le trou d'ozone.

 

 

Parmi ces autres mécanismes rappelons cette étude de Zhang qui évoque, sous l'action du réchauffement climatique, un mécanisme de stratification océanique accrue qui diminuerait l'ascendance d'eaux profondes et donc la fonte de la banquise australe.

 

Ce serait donc la nature fondamentalement différente des stratifications boréale et australe qui serait une explication possible des différences constatées entre les banquises  des deux hémisphères.

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 14:18

 

 

 

Après une forte décroissance de l'area (surface exprimée en glace pure) en juin, la banquise arctique s'est brusquement reprise, en flirtant désormais avec les valeurs des années 2008,2009,2006 et 2005.

0710 banq IJIS

 

 

Lors d'un article précédent, j'indiquais que les conditions climatiques jouaient un grand rôle sur le minimum atteint à la fin de la période de fonte.

 

Je vous invite à lire à ce sujet cet article de realclimate qui met en valeur le fait qu'une glace jeune, donc fine, est particulièrement soumise aux aléas de la météo.(on s'en serait évidemment douté...)

 

Aléas qu'il convient de différencier de l'évolution climatique à plus long terme, quoiqu'une influence de cette dernière sur ces circonstances locales, ne soit pas exclue.

 

 

Les conditions météo de juillet 2010 sont très favorables à la banquise.

Ci-dessous, issue de NCEP, la carte des géopotentiels pendant la première quinzaine de juillet 2010.

 

0710 banq 0710 géopot

 

Une zone de bas géopotentiels règne sur une partie importante de l'océan arctique, ce qui correspond à une certaine "concentration" du vortex polaire.

 

La situation était toute autre en juillet 2009 où les géopotentiels étaient anormalement élevés,ce qui correspondait à de l'air plus chaud au dessus de l'océan arctique.

Ou, autrement dit, à un vortex moins concentré et à de l'air froid "chassé" vers l'extérieur, au profit d'un air plus chaud rentrant dans cette zone.

 

0710 banq 0709 géopot2

 

Les positions de ces zones de bas et de hauts géopotentiels dépendent de la circulation générale de l'atmosphère et semblent plus ou moins chaotiques.

Nous n'insisterons donc pas sur les facteurs éventuels les influençant

 

 

L'horizon des prévisions météo ne dépasse pas 7 jours et pour le moment, il est prévu une légère déconcentration du vortex.

 

 

situation actuelle


 

0710 banq 26072010

 

 

 

situation prévue dans 180 heures

 

 

0710 banq 26072010+180

 

 

La fonte devrait, en principe, s'accélérer doucement au cours de cette semaine.

 

On suivra tout ça.

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 11:06

 

photo banquise ESA

(photo ESA) 

 

 

La banquise arctique, soupçonnée d'être un indicateur très sensible du climat global, fait l'objet de nombreuses observations et de nombreux calculs afin de déterminer son évolution.

 

 

terminologie

 

On trouve sur le site du NSIDC (véritable Bible de la banquise et de la glace) la définition des termes employés lorsque l'on parle de glace de mer ou banquise.

 

Les mesures d'étendue de glace, en 2D donc, sont réalisées via les satellites par la méthode universelle du Remote sensing dans le domaine des micro-ondes.

 

Pour plus d'infos sur cette méthode on lira ceci.

 

A partir de cette méthode et des algorithmes (comme ici ou ici)  qui l'utilisent, on détermine deux types d'étendue:

 

- l'extent qui concerne la surface totale couverte par plus de 15% de glace

- l'area qui concerne la surface totale couverte par 100% de glace (somme des surfaces pondérées par la concentration de glace)

 

la concentration représente le pourcentage de glace d'une surface donnée.

 

Les valeurs d'extent sont généralement plus précises car elles prennent en compte tout ce qui est supérieur à un seuil donné alors que les valeurs d'area résultent d'un calcul pour chaque maille de la grille étudiée.

 

Néanmoins nous utilisons ici cette area car elle a le mérite de raisonner en glace pure.

 

 

évolution de l'area depuis 1988.

 

Le minimum de fonte (ici la moyenne de l'area pour septembre) est la valeur qui intègre l'histoire climatique à court et moyen termes de la banquise.

C'est donc un paramètre très important.

Ci-dessous l'évolution depuis deux décennies de ce minimum.

 

évol area 1988-2009

 

 

On constate une baisse de fond, plus ou moins linéaire, dont la valeur annuelle présente un écart type, significatif,  de 0.7M km2 pour une valeur moyenne de 4.3Mkm2.

Cet écart type permet par ailleurs de relativiser les appréciations que l'on peut faire d'une année par rapport à l'autre mais il permet aussi de trier l'évènement exceptionnel comme la hausse en 1995-1996 et la baisse, bien connue, de 2006 à 2007.

 

Ce graphe permet également d'illustrer le discours de certains climatologues qui parlent, après le minimum historique de 2007, d'un recouvrement partiel de la banquise.

En effet on discerne que si 2009 est supérieur à 2007, il n'a toutefois pas retrouvé, non seulement le niveau de 2006, mais aussi le niveau de la tendance linéaire de la période 1988-2006.

Dans ce contexte, on ne pourra envisager un recouvrement plus définitif que si 2010 et 2011 sont nettement au dessus de cette tendance (à plus d'un écart type).

 

 

Actuellement, l'extent (nous n'avons pas les chiffres de l'area au jour le jour) est inférieure à la normale.

Cependant, l'évolution des années passées montre que cela ne signifie pas grand-chose pour le reste de la saison de fonte et donc pour le minimum.

Exemple, l'évolution comparée des banquises des années passées par  IJIS , montre que le niveau de 2006, presque identique au niveau actuel mais inférieur à celui de 2007, a évolué vers un minimum bien supérieur au minimum de 2007.

 

IJIS

 

 

 

mesure de l'épaisseur (ou du volume)

 

 

La mesure de la surface de banquise est importante puisqu'elle constitue un indicateur de l'évolution climatique arctique.

De plus, la glace qui recouvre l'eau libre présente un albédo bien supérieur à cette dernière et empêche, en outre, les transferts de chaleur et de matière entre l'océan et l'atmosphère.

On conçoit donc que l'étendue totale couverte par la glace ait un rôle important dans les rétroactions climatiques locales et donc dans l'évolution climatique de la région.

 

L'épaisseur moyenne de la couche de glace n'intervient que peu, directement, dans ces rétroactions.

Par contre on conçoit également qu'une glace plus fine et/ou moins âgée, soit plus vulnérable, non seulement à la fonte directe, mais  aussi à la dislocation par les tempêtes ou simplement les vents.

C'est donc un paramètre à part entière de la vulnérabilité de la glace formée en hiver et même de la glace pluri-annuelle.

Ce n'est pas un paramètre "de secours", comme on peut l'insinuer de ci de là lorsque l'extent reprend de la vigueur, mais bien un paramètre d'aide à la prévision.

 

 

 

méthodes de détermination de l'épaisseur

 

 

Nous n'insisterons pas sur les différentes méthodes de détermination de l'épaisseur.

 

Il y a deux grandes classes cependant.

 

La première concerne les mesures in situ, par conductivité, sous marins ou avions.

La deuxième les mesures à grande distance par satellite.

 

Cette dernière se subdivise en 2 sous-classes:

 

La première concerne les mesures "directes" par altimétrie  (déduction de l'épaisseur par mesure de la hauteur surnageante).

IceSat, effectue ces mesures par Laser.

Il est actuellement hors d'usage et doit être remplacé en 2015 par IceSat2.

Selon en gros le même principe  (Radar interférométrique au lieu du Laser) CryoSat-2  vient d'être lancé et fournira des résultats d'ici quelques mois. vidéo

 

Ce donc sont là des mesures directes qui se heurtent à quelques difficultés comme la présence de neige sur la glace.

 

 

La seconde sous-classe concerne les déterminations d'épaisseur à l'aide des mesures satellitaires de concentration de glace (plus autres paramètres atmosphériques et océaniques) et d'un modèle.

 

Il y a deux modèles principaux en activité actuellement.

 

Le premier, révélé au grand jour par le site sceptique WUWT, est le PIPS2.0.

Il s'agit d'un modèle de 1996 développé par l'US Navy.

Il est en cours de remplacement par le PIPS3.0 qui utilise une version plus élaborée de modèle de banquise, le CICE.

La version PIPS actuellement en service ne semble donc pas comporter de modèle de banquise très développé (voire pas du tout).

 

Au contraire du PIOMAS, développé par l'université de Washington et qui utilise un  modèle de glace de mer apparemment beaucoup plus élaboré, le POIM.

 

On peut donc dire sans trop s'avancer que PIPS3.0 ressemblera à PIOMAS ou au moins soutiendra la comparaison en terme de complexité.

 

Ces deux modèles donnent des résultats fondamentalement différents puisque l'on annonce une progression du volume de glace de 25% depuis 2007, pour le PIPS, tandis que PIOMAS indique une stagnation ou même une légère baisse de l'anomalie de ce même volume.

 

volume glace

 

 

Evidemment, nous ne sommes pas spécialistes de la chose et il n'est pas possible de statuer de façon définitive ici.

Nous avons donc posé la question au NSIDC et voici, in extenso, leur réponse:

 

"Thank you for contacting NSIDC. Walt Meier, one of our sea ice scientists provided some thoughts which I will sum up along with a few other points from talking with other scientists here at NSIDC:
Unfortunately, there are no continuous, Arctic-wide measurements of sea ice volume/thickness which is why models are used to estimate volume/thickness. Sea ice extent on the other hand is derived from remotely sensed data from satellites.

The PIPS model is an operational model, and is designed to forecast the ice a few days into the future (for navy submarine use, etc). It is not proper to use it to study year to year changes. PIPS, is known to be not terribly useful for sea ice other than perhaps motion; definitely not thickness.

Our assessment at ( http://nsidc.org/arcticseaicenews/) is based on (1) the ice age fields we get from data from our colleagues, Charles Fowler and James Maslanik, Colorado Center for Astrodynamics Research, University of Colorado Boulder, (2) models better suited to tracking thickness year to year, such as the University of Washington, PIOMAS model we've discussed in the past couple articles, and (3) consultation with operational ice centers that have very high quality data and human expertise at assessing the state of the sea ice. The PIOMAS model is looking back in time and estimating what the volume was in order to monitor trends. It has the benefit of "hindsight" and can incorporate actual recorded measurements (weather, satellite data etc.) that by nature are not available to make a forecasts. The most recent update of the PIOMAS model looks to be May 30th.

Let me know if you have any more questions or need more information.

Regards,
Kara Gergely
NSIDC User Services"

 

Il semble très clair, pour le NSIDC, que les résultats du PIPS, concernant l'épaisseur, ne sont pas à prendre en considération.

Nous faisons confiance, ici, en général, à cet organisme, bien que ses prévisions en terme de minimum estival soient quelquefois non vérifiées.

 

En conclusion, il nous semble que, si la vulnérabilité de la banquise arctique à la fonte est encore pleinement présente, on ne peut raisonnablement faire de pronostics précis pour la surface estivale qui dépend beaucoup  des conditions climatiques locales.

 

Cependant, en toute logique, la surface de la banquise 2010 devrait être inférieure à celle de 2006, à conditions atmosphériques égales, et se placer dans le trio 2007-2008-2009.

 

Nous verrons bien...

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 12:03

dernières projections


 

 

La banquise arctique, considérée comme un indicateur climatique de première importance, fait l'objet, lors de sa période de fonte, d'un suivi et de prédictions concernant le minimum atteint.

 

Ce dernier dépend de plusieurs facteurs parmi lesquels :

 

-         l'évolution long terme

-         l'épaisseur et l'âge de la glace avant la période de fonte

-         les conditions climatiques du moment, autrement dit, la variabilité tant océanique qu'atmosphérique.

 

L'année de la fonte record de 2007 a vu se multiplier les différentes projections ou prédictions à court terme, de l'extension minimale.

 

On lira cet article de Realclimate, à ce sujet.

 

parmi les liens cités, celui-ci, concerne les prédictions du SEARCH group, pour 2009.

 

on peut les résumer ainsi :

 

extension minimale pour 2009 : de 3.2 à 4.9 Mkm2 avec un point médian à 4.7Mkm2.

 

notons que la projection la plus basse, correspondant à une très faible survivance de la glace jeune, est très isolée dans l'ensemble de projections.

 

le point médian, 4.7Mkm2, correspond à l'extension de 2008, supérieure au record de 2007, 4.3 Mkm2.

 

 

 

Pour le moment, 2009 est proche de 2008, mais cette dernière année avait vu une décroissance très rapide en août, ce qui n'est pas acquis pour 2009.

 

 

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