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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 15:06

 

En ces temps de stagnation relative, tout à fait explicable, des températures, ressortent des documents pseudo scientifiques relatifs au climat et à ses mécanismes.

 

Celui-ci, particulièrement révéré par les valeureux pourfendeurs d'une "pensée unique" imaginaire, fait même l'objet, en certains lieux, de demandes implorantes de traduction, comme s'il s'agissait de la dernière version de la "grande  bible créationniste" .

 

On pourra déjà  noter le ton particulièrement « scientifique » du titre :

« Falsification » rien que ça ! « of the atmospheric CO2 Greenhouse effects within the frame of physics ».


EDIT du 27/09/2009

Comme on me l'a "aimablement" fait remarquer, le terme "falsification" ne devrait pas être employé dans le sens courant du terme mais plutôt dans le sens que lui prête Karl Popper, c'est à dire, en gros, le contraire de la validation (d'une théorie).

Je veux bien.., admettons...

Ceci dit, cela ne change rien au contenu de l'article de G et T, qui, malheureusement pour ses auteurs, est toujours aussi ridicule...

Je vais d'ailleurs profiter de cet EDIT pour signaler ce lien qui "démolit", comme il se doit, l'article de G et T

 

On pourrait parcourir les nombreuses inepties du texte, noyées dans quelques équations de base, de physique de terminale (ça impressionne peut-être les gogos pas très cultivés), mais il ne faut pas aller beaucoup plus loin que l'abstract pour comprendre la nullité de l'auteur et par là-même de l'immense majorité des sceptiques.

 

"The atmospheric greenhouse effect, an idea that many authors trace back to the traditional works of Fourier (1824), Tyndall (1861), and Arrhenius (1896), and which is still supported in global climatology, essentially describes a fictitious mechanism, in which a planetary atmosphere acts as a heat pump driven by an environment that is radiatively interacting with but radiatively equilibrated to the atmospheric system. According to the second law of thermodynamics such a planetary machine can never exist."

 

En allant un peu plus loin dans le texte (voir, figure 32 p 78, le « heat transfer »), l'auteur prétend avec aplomb que l'effet de serre est impossible puisque de la chaleur ne peut être transmise d'un corps froid (l'atmosphère) vers un corps chaud (la surface).

Evidemment, il y a confusion entre chaleur et énergie dont la chaleur n'est qu'une des formes.

Donc, si effectivement la chaleur sensible, en liaison avec l'énergie cinétique de molécules ou d'atomes (donc la température), ne peut être transmise, spontanément, d'un corps froid vers un corps chaud, rien n'interdit qu'un corps froid ne transmette de l'énergie (pas de la chaleur), sous forme de rayonnement, à un corps chaud et que cette énergie soit transformée en chaleur dans ce même corps chaud (principe du corps noir).

 

Le second principe a été énoncé en tenant compte de la chaleur, pas de l'énergie au sens  large.

 

Il serait bon de se le rappeler avant d'exhiber de telles horreurs.

 

Nous reviendrons plus en détail sur tout cela dans les prochains chapitres de « la température des planètes ».

(le problème c'est que c'est plutôt un gros travail)

 

La lecture du reste de ce pensum nauséabond, montre que tout est à l'avenant, voire même pire.

Par exemple des équations fantaisistes qui mélangent allégrement les émissivités, comme le fait d'écrire que comme la Terre a un albédo et qu'elle est donc un corps gris dans le visible, elle ne peut être un corps noir.

Alors que chacun sait qu'en réalité l'émissivité  dépend de la fréquence et que la surface terrestre est quasiment un corps noir à un coefficient 0.95 près dans le domaine de l'IR, le plus important pour l'ES bien sûr.

 

Evidemment, il n'y a pas de délit à éditer n'importe quoi, mais tout de même, ce "papier" (pour rester poli) est à mettre en bonne place au panthéon des inepties.

 

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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 17:25



Pinatubo : éruption du 12 juin 1991



Cette étude, récente, confirme, en les précisant, les travaux précédents (références présentes dans l'étude) concernant l'histoire et les effets des éruptions volcaniques depuis le premier millénaire de notre ère.



avant de passer à l'examen de l'étude elle-même, quelques rappels rapides concernant l'effet radiatif des éruptions.



effets radiatifs



Parmi les forçages naturels qui influencent le climat terrestre, le forçage volcanique est sans aucun doute un des plus importants.


Les volcans émettent des particules solides et des gaz qui ont une action radiative très significative.

Si les particules solides retombent très vite (de quelques secondes à quelques semaines) sur la surface, il n'en est pas de même des gaz.

De plus la hauteur des panaches de certaines éruptions est telle que les gaz sont directement émis dans la stratosphère.

Parmi ces gaz, ceux contenant du soufre (SO2 et H2S), entrent en réaction avec les gaz et leurs dérivés présents dans l'atmosphère.

Le produit final de la réaction est principalement H2SO4 gazeux, qui va ensuite s'associer à des molécules d'eau pour former des aérosols d'acide sulfurique ou aérosols sulfatés d'un diamètre de l'ordre de 0.5 microns.



Comme pour les aérosols sulfatés provenant de la combustion du C fossile, ceux présents dans la troposphère sont rapidement « lavés » par les précipitations, et ont des durées de vie maximum de quelques semaines.


Il n'en est pas de même pour ceux présents dans la stratosphère, qui ont des durées de vie de 1 à 2 ans.


L'action radiative de ces aérosols, comme pour toutes les particules, comprend des phénomènes de diffusion et d'absorption, selon la longueur d'onde du rayonnement incident.


Pour les aérosols sulfatés, les phénomènes de diffusion concernent d'avantage les courtes longueurs d'ondes (en gros le visible) tandis que les phénomènes d'absorption concernent d'avantage le rayonnement IR (proche et lointain).


Le bilan radiatif simplifié est schématisé dans la figure ci-dessous.





Ce bilan, à la surface, est négatif, moins de rayonnement y parvient.

La surface se refroidit.

Le bilan est par contre positif en ce qui concerne la stratosphère (du moins la couche occupée par le nuage d'aérosols) qui, par conséquent, se réchauffe.




propagation



Elle est relativement rapide, et l'image ci-dessous, issue de earthobservatory.nasa,

montre qu'au bout de 2 mois, l'intégralité de la planète est concernée.





On notera que les régions polaires, échappant aux mesures, sont cependant touchées comme les autres.


En conséquence, les retombées d'aérosols à la surface des calottes glaciaires, sont piégées par la neige puis la glace, dont les couches successives constituent ainsi un archivage remarquable des éruptions volcaniques, tant en ce qui concerne leur datation, que leur intensité.


C'est donc par l'analyse des carottes glaciaires issues de forages que l'on a accès à cet archivage.




l'étude elle-même



« Volcanic forcing of climate over the past 1500 years: An improved ice

core-based index for climate models


Chaochao Gao, Alan Robock, and Caspar Ammann »



Les spécialistes, ou les "particulièrement intéressés", liront avec attention le détail des méthodes employées.


Nous nous contenterons, pour ceux qui sont plus pressés, de faire une traduction rapide de la conclusion de l'étude.



"54 enregistrements glaciaires (32 en Arctique et 22 en Antarctique) ont été utilisés pour générer un nouvel indice de forçage volcanique pour ces 1500 dernières années.

Cet index est une fonction du mois, entre les années 501 et 2000, de la latitude (10 bandes), et de la hauteur entre 9 et 30 km avec une résolution de 0.5km.

C'est la série temporelle de forçage volcanique la plus longue et la plus avancée car elle est basée sur les enregistrements glaciaires les plus exhaustifs, une méthode d'extraction du signal volcanique la plus à jour, des facteurs de conversion entre quantité d'aérosols émises et dépôts trouvés dans les carottes glaciaires, et une paramétrisation plus avancée du schéma de transport spatio-temporel.

Les résultats du modèle sont en accord avec les observations instrumentales pendant la période 1850-2000 et avec les reconstructions climatiques pour le dernier millénaire.


En appliquant l'index de forçage volcanique global moyen avec les forçages solaire et anthropique à un modèle à équilibre d'énergie (upwelling diffusion energy balance model) la réponse de la température pour les 1500 dernières années a été simulée.

Le modèle reproduit précisément le refroidissement de 0.2 à 0.3°C survenu pour 3 éruptions tropicales récentes (Krakatoa 1883, Agung 1933, Pinatubo 1991).

Les réponses décennales simulées par le modèle de température pour les très importantes éruptions telles que Kuwae en 1453 et Tambora en 1815, sont aussi en bon accord avec les reconstructions par proxy.

Le même index est entrain d'être utilisé dans des modèles GCM pour mieux évaluer le changement climatique pendant le dernier millénaire.

Les résultats seront publiés dans une autre étude.


En utilisant 54 enregistrements glaciaires et en tenant compte de la variation spatiale des dépôts au Groenland et en Antarctique, nous avons réduit considérablement l'incertitude du nouvel indice de forçage volcanique , comparé aux précédentes études.

Cette incertitude est inférieure à 50% alors que les index précédents comprenaient des incertitudes d'un facteur 2.


Les données sont disponibles à l'adresse suivante : http://climate.envsci.rutgers.edu/IVI2/"




Ci-dessous, la simulation, en rouge, par le modèle MAGICC, par-dessus le graphe (GIEC AR4) de  différentes reconstructions de température.



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19 mai 2008 1 19 /05 /mai /2008 20:48

 


Encore un dernier article de la saga ESRL 2008


Il m'avait intéressé au premier abord mais j'avais un problème d'interprétation qui m'empêchait d'en faire part ici.

Après quelques échanges avec l'auteur, Ellsworth G Dutton, de l'ESRL, très disponible je dois dire, je suis en mesure maintenant d'en proposer une traduction.

Malheureusement, comme vous pouvez le constater, les documents de présentation sont assez succints et conçus pour mettre en appétit les participants à la conférence.

Mais on y va quand même...

 

 

 

s'approcher, par l'observation, du gap entre le forçage radiatif climatique et les changements radiatifs climatiques.

 

 

(le titre lui-même peut poser quelques problèmes d'interprétation, isn't it?)

 

Observationally Closing the Gap Between Climate Radiative Forcing and Changes in Radiation Climate

E.G. Dutton1 and the ESRL Radiation Group1,2

1NOAA Earth System Research Laboratory, 325 Broadway, Boulder, CO 80305; 303-497-6660,

Fax: 303-497-6546, E-mail: ellsworth.g.dutton@noaa.gov

2Cooperative Institute for Research in Environmental Sciences, University of Colorado, Boulder, CO 80309

 

 

 

 

Le forçage radiatif (RF) total, émanant de plusieurs sources (GES, aérosols,...), tel que signalé dans les rapports du GIEC, est 2 à 4W/m2, sur la période de doublement du CO2.

 


Cependant le changement, du flux radiatif, prédit par les modèles GIEC, est de 15 à 20 W/m2.

 

Alors que le RF est bien connu, étant supporté par des observations de haute qualité, à l'heure actuelle, le changement de flux radiatif est seulement prédit et largement dépendant de la rétroaction, estimée, de la vapeur d'eau.

 

Néanmoins, les effets attendus sur la température globale ont été indiqués, avec un haut degré de certitude, en accord avec les observations.

 

La confirmation, par l'observation, du changement actuel de flux radiatif, avec ses variations spatiales, contribuerait à renforcer la confiance dans les scénarios climatiques, comme elle permettrait un meilleur suivi, et des améliorations potentielles, de ces prédictions.

 

Pendant les 15 dernières années, nous avons mesuré les composants infrarouges du budget de surface sur un certain nombre de sites ( la phrase en anglais est " For the past 15 years, we have been measuring infrared components of the surface radiation budget at a number of globally remote background sites", et je suppose qu'il s'agit de sites permettant de mesurer le flux descendant vers la surface, mais je suis preneur d'une meilleure traduction)

 

Ces données ont été analysées à des périodes pouvant être raccordées aux périodes des modèles.

Les résultats commencent à montrer une évidence observationnelle d'une disparition du "gap".

Des détails du programme d'observations et d'analyse seront présentés ainsi que les premiers résultats tels que résumés dans le graphe ci-dessous.




(extrait ESRL)


 

 

Comme je le disais plus haut j'ai eu des problèmes d'interprétation surtout concernant ce à quoi s'appliquait le fameux "gap"

En regardant le graphe ci-dessus j'avais l'impression que le "gap" était la différence entre la radiation descendante telle que prédite par les modèles, et le RF.

Ce "gap" est important car il permet de quantifier la rétroaction du système à tous moments.

Or le fait que ce gap soit réduit à zéro par l'observation aurait voulu dire que la rétroaction du système était nulle.

Ellsworth m'a tiré de mon embarras, en me signalant que le gap était la différence entre l'observation et le modèle et que donc cette différence était en voie d'être comblée, mais qu'on ne pouvait pas encore disposer d'une quantification suffisamment précise.

Voilà, j'en suis là pour le moment.

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