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les dernières nouvelles de la science climatique.

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niveaux de l'océan- suite et fin (provisoire)

Pour conclure, provisoirement, ce problème d'adéquation entre les différents niveaux, stérique, altimétrique, massique, je reproduis ici une partie de la réponse qu' Anny Cazenave, directrice adjointe du LEGOS a bien voulu me faire parvenir.

Il s'agit de l' extrait d'un courrier entr'elle-même et un autre scientifique de renom.

A cette réponse est jointe un pdf concernant un article sous presse (abstract disponible ici) qui sera bientôt publié.


"Sea level budget over 2003-2008: A reevaluation from GRACE space gravimetry,

satellite altimetry and Argo

A. Cazenave a,⁎, K. Dominh a, S. Guinehut b, E. Berthier a, W. Llovel a, G. Ramillien a, M. Ablain b, G. Larnicol b

a LEGOS, OMP, Toulouse, France

b CLS, Ramonville St Agne, Franc"


Evidemment il est très intéressant mais je ne peux, pour des raisons évidentes, le reproduire ici


Je remercie en tous les cas très sincérement Anny Cazenave.


Voici l'extrait en question dont vous verrez qu'il apporte une vision différente de celle de Willis, sur l'évolution du niveau stérique, témoin thermique du réchauffement,  et sur celle du niveau massique, témoin, principalement, de la fonte des glaces continentales (icesheets, icecaps, glaciers de montagne).


J'ai mis en gras les points qui me paraissent importants :



"En ce qui concerne les dernières années (message de JL Dufresne), en
effet un ralentissement temporaire du contenu thermique de l'océan n'a
rien d'extraordinaire à cause de la variabilité interannuelle naturelle
et n'est pas de nature à remettre en question la tendance positive à
long terme.
(je joins 2 courbes du contenu thermique de l'océan calculées
par Ishii & Kimoto sur 1950- 2005 et depuis 1990; regarder seulement les
courbes rouges, version 6.7; on voit bien que dans le passé d'autres
périodes ont connu des ralentissements temporaires, par ex 1973-1978, ou
1990-1995).
L'article de Willis et al. (2008) ne boucle pas en effet le bilan du
niveau de mer ( 'sea level budget') mais il y a plusieurs raisons à cela
(que les auteurs eux-mêmes -que je connais bien et avec qui j'ai
discuté- admettent).
(1) Leur valeur de la hausse du niveau de la mer par altimétrie est un
peu surestimée
(une histoire de correction atmosphérique)
(2) leur estimation de la composante 'augmentation de la masse de
l'océan' d'après les mesures de gravimétrie spatiale GRACE est
probablement sous estimée,  à cause de la valeur de la correction de
rebond post-glaciaire qu'ils ont adoptée (1 mm/an).
Cette correction,
appelée aussi GIA,  -due à la variation séculaire du géoide en réponse
au rebond post glaciaire- est estimée à partir de modèles seulement et
il existe de grandes disparités entre les modèles. Certains
modélisateurs (Richard Peltier) préconisent une valeur de 2 mm/an. C'est
la valeur que nous avons utilisée. Or, avec cette valeur de la
correction, on trouve une augmentation de masse de l'océan depuis 2003
(basée sur GRACE) de l'ordre de +1.9 mm/an, en excellent accord avec les
estimations indépendantes des contributions des glaciers (~+ 1 mm/an) et
des calottes polaires (~ + 1mm/an pour la somme Groenland + Antarctique;

-cf  la Bowie Lecture d'Eric Rignot à l'AGU en décembre dernier-). Il
est clair qu'en prenant une correction de GIA de seulement 1 mm/an, on
n'a pas d'accord sur ce point.
(3) l'estimation d'expansion thermique de l'océan de Willis et al.,  
basée sur Argo, inclut l'année 2003 très pauvre en mesures (couverture
très mauvaise des données), ce qui conduit à une tendance légèrement
négative; Sans 2003, la tendance est faiblement positive (de l'ordre de
+ 0.3 mm/an)

Tout ça mis bout à bout conduit à un grand écart entre la hausse
observée (trop grande) et la somme 'masse de l'océan' plus expansion
thermique (toutes 2 sous estimées)...
A noter que ces sous/sur estimations n'affectent que les 'trends', pas
le cycle annuel; en particulier il n'y a pas de correction GIA à
appliquer au cycle annuel car l'effet du rebond post glaciaire est
uniquement séculaire; et le pb de la correction atmosphérique est de
type 'drift'."




Dans l'article lui-même, l'adéquation entre les différents niveaux est quasi-parfaite.


Concernant le niveau stérique, l'article indique que ce niveau, lorsqu'il est déduit des deux autres, augmente de 2003 à 2006, puis baisse depuis 2006.

Sur l'ensemble de la période il augmente de 0.3+-0.15mm/an

Il y a donc deux phases dans la période.

Une baisse pendant 2 à 3 ans ne semble donc pas extraordinaire.


Voilà, la science progresse.

 

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C
Donc si j'ai bien suivi, le contenu thermique varie tres peu ces dernieres années.Si on regarde la temperature de la strastosphere (RSS canal TLS) elle fait preuve d'une regularité dans sa baisse, signe si je comprends bien la theorie radiative que l'on "rajoute des pulls".Donc si l'ocean ne recoit plus de chaleur ou passe l'energie? Pas dans les retroactions negatives (exemple augmentation de l'albedo des nuages) puisque on ne veut pas en attendre parler ...Elle part ou?au fond des oceans ?
Répondre
M
<br /> Ce qui apparaît dans les réponses d'Anny Cazenave, c'est que la baisse du contenu thermique de l'océan aurait lieu depuis 2006.<br /> 2 ans de baisse, ce n'est pas forcément surprenant.<br /> Ensuite, il y a maintenant, toujours d'après le même auteur, parfaite correspondance entre les différents niveaux.<br /> En conséquence la chaleur ne s'est pas "cachée" au fond des océans, comme on aurait pu le supposer, quoique les constantes de temps ne sont pas en faveur de cette hypothèse.<br /> Ceci veut donc dire, à mon sens, que depuis maintenant 2 ans, il existe un forçage négatif qui s'oppose au forçage positif qui provoquait le réchauffement constaté précédemment.<br /> <br /> Si l'on croît Hansen, le déséquilibre TOA théorique vers 2005 était de 0.85W/m2.<br /> Cela n'est pas choquant que la variabilité climatique provoque des forçages de cet ordre et de signe variable qui, soit s'ajoutent au signal théorique, soit se retranchent.<br /> On en a également l'expression dans la variation de température de surface.<br /> <br /> Mais je ne vois pas pourquoi on refuserait, à priori, une variation de l'effet d'albédo des nuages.<br /> Cela joue forcément dans les forçages.<br /> <br /> <br />
S
Pour reprendre une expression que tu avais utilisée à mon égard: "te voilà rassuré?".  Comme tu le dis  toi même, la science avance: elle avance vite mais il lui faut quand même un peu de temps.<br /> Cette réponse d'Anny Cazenave complète en qq sorte la news de la NASA à propos de ce pb de soit disant "refroidissement océanique".  Contrairement à ce que pensent certains, la science avance surtout grâce à un travail de fourmis qui consiste à tout analyser et vérifier dans le détail. Ca déplaît beaucoup à ceux qui croient aux coups de génie et qui citent Wegener à tour de bras. Cette histoire en est un exemple frappantEn tout cas, bravo pour ta propre persévérance et merci pour l'info.
Répondre
M
<br /> Je ne me rappelle plus d'avoir utilisé cette expression à ton égard, mais c'est possible, j'en dis tellement.<br /> Sinon, oui, je suis plutôt rassuré et je ne dois pas être le seul car la "fourmilière" des chercheurs avait été un peu agitéé par Willis (via un certain Pielke), d'après ce que j'ai compris.<br /> <br /> <br />