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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 08:53

 


 

 

 

 

On n'a pas fini de parler de cet ouragan dévastateur, Sandy, qui, telle la créature monstrueuse de Frankenstein, s'est retourné contre son créateur, venant le tourmenter jusque dans son BosWash sacré.

La proximité avec la fête Halloween l'avait fait surnommer, par humour ou défi enfantin, Frankenstorm.

Mais ce surnom s'est révélé, pendant et après la tempête, étrangement approprié.

 

 

 

Pour le côté monstre il faut juger sur pièces.

 

Selon cette source, les caractéristiques de trois ouragans récents ayant atteint la côte Est des USA sont comparées, j'en reprends quelques-unes ci-dessous:

 

 

 

catégorie

vent maxi (km/h)

diamètre (km)

pression œil (mb)

surcôte de tempête (m)

Katrina

3

201

644

920

4.3

Irene

1

137

837

951

2.4

Sandy

1

151

1512

940

3.81

 

 

On peut faire une estimation grossière des puissances relatives en considérant le cube de la vitesse et le carré du diamètre

 

Si Irène c'est 1, Katrina c'est 1.9, Sandy c'est 4.4

 

En attendant des calculs plus précis de la puissance, Sandy est d'ores et déjà le plus grand (en dimensions) cyclone ayant jamais atteint le nord-est des Etats-Unis.

 

Les dégâts sont considérables, on parle de 30 à 50 milliards de dollars, estimation revue sans cesse à la hausse alors que pour Katrina c'était 80 milliards.

Mais le nombre de morts est considérablement plus faible (environ 60 aux USA pour le moment) que pour Katrina (1833 morts) pour des raisons de géographie locale et aussi grâce à un formidable travail de prévention de l'administration démocrate américaine, contrairement à ce qui s'était passé lors de Katrina où les sceptiques républicains gouvernaient pour le meilleur mais surtout pour le pire.

 

Je pense que nous aurons d'autres occasions de revenir sur les caractéristiques hors normes de Sandy.

 

 

Venons en maintenant au côté "Franken"

 

 

C'est une évidence que le réchauffement augmente la puissance potentielle des ouragans puisqu'il augmente de température de l'océan et donc la quantité d'énergie thermique disponible, sous forme de chaleur latente, dans l'atmosphère.

 

 

De nombreux auteurs ont fait des estimations dans ce sens.

Récemment, Elsner et al 2012 ont quantifié l'augmentation d'intensité maximale potentielle des cyclones à 7.9m/s par °C d'augmentation de SST.

Dans le cas de Sandy comme le dit Trenberth, les SST étaient anormalement chaudes le long de la côte américaine.

Cependant cette anomalie de 3°C était essentiellement due à la variabilité naturelle, le réchauffement anthropique pouvant être responsable, théoriquement, de 0.6°C.

Selon Emanuel, Sandy était, à l'approche des côtes, une tempête hybride se nourrissant de la température de l'océan, comme tout cyclone tropical, mais aussi du contraste de température dans l'atmosphère, comme toute tempête extra-tropicale.

De tels hybrides apparaissent de par le monde avec une certaine régularité mais l'influence du changement climatique est moins évidente à observer pour eux que pour les ouragans classiques.

 

Pour ce qui est des conséquences du "landfall" proprement dit, c'est-à-dire l'arrivée de la tempête sur les terres, l'influence humaine sur le niveau des océans,10 cm d'élévation depuis 30 ans, s'est fait ressentir, encore modestement, dans l'amplitude du "storm surge" (vague de tempête).

Mais quand sera-t-il à la fin de ce siècle si l'élévation du niveau des océans est de l'ordre du mètre et au cours des siècles suivants où plusieurs mètres ne sont pas exclus?

Un monstre stéroïdé évoluant dans un océan surélevé aura quelles conséquences sur des mégalopoles côtières éventuellement encore présentes?

 

image3

 

 

 

Globalement les scientifiques ne se mouillent guère lorsqu'il s'agit de quantifier avec précision la part humaine dans les évènements extrêmes et dans les ouragans en particulier.

On les comprend.

Le jour où leurs modèles sauront, non seulement modéliser un ouragan, mais aussi le faire apparaître de temps à autre en tant que variabilité climatique, n'est pas demain.

Néanmoins le réchauffement induit indubitablement une augmentation du potentiel destructeur des ouragans par l'augmentation du niveau des océans et par l'augmentation de l'énergie thermique contenue dans l'atmosphère.(voir également Grinsted et al 2012)

On peut affirmer, sans se mouiller cette fois, qu'une part, sans doute assez modeste, des dégâts occasionnés par Sandy, a de bonnes chances d'être due à l'action humaine sur le climat.

Il en est de même pour tous les évènements climatiques extrêmes ou non.

Comme dirait je ne sais plus qui, l'action du réchauffement sur le climat, se caractérise par son caractère systémique.

Autrement dit, il est présent dans chacun des évènements climatiques du plus banal au plus extrême.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 11:09

éruption solaire2Je ne sais ce qu'il faut penser de cette nouvelle prévision de la NASA relatée dans un article du Telegraph concernant la survenue éventuelle d'une éruption solaire majeure lors du maximum solaire de 2012-2013.

L'avertissement vient du Dr Fisher, scientifique à la NASA depuis 20 ans.

 

Selon lui, la conjonction du maximum du cycle magnétique de 22 ans avec le maximum du cycle de 11 ans aurait lieu en 2013 et produirait d'énormes niveaux de radiation.

Les conséquences les plus probables seraient l'atteinte des réseaux électriques et électroniques sur plusieurs zones "sensibles" et leur destruction partielle, entraînant leur indisponibilité pendant plusieurs jours à semaines.

Le coût de tels dommages s'élèverait à plusieurs milliards de dollars.

 

 

 

 

 

 

 

(image NASA)

 

La NASA nous a malheureusement habitué à des prévisions plus ou moins vraisemblables (ou pour le moins imprécises) ces derniers temps.

Entre les différentes annonces de reprise d'activité ratée et la survenue possible d'un mini de Maunder ou de Dalton, voici qu'elle nous avertit de possibles éruptions géantes d'ici quelques années avec des conséquences graves sur une partie de la technologie humaine.

 

De plus, à priori, une éruption géante exceptionnelle est peu compatible avec la faible activité prévue pour ce cycle 24.

 

Il faudrait donc en savoir un peu plus sur les bases scientifiques d'un tel avertissement.

 

S'il s'agit de dire que les réseaux électriques et électroniques sur Terre, que les satellites habités ou non, seraient endommagés par une éruption solaire majeure, c'est pas un scoop.

 

L'intérêt réside peut-être dans la mise en lumière de la sensibilité d'une société humaine de plus en plus "numérisée", à un évènement naturel.

 

Hormis de très belles aurores boréales..

 

aurore solaire

(photo LeRoy-Zimmerman spaceweather)

 

 

cet évènement ne serait pas détectable dans une société plus "primitive".

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 14:21

Pour tenter de répondre à un commentaire, à la suite de l'article précédent, posant la question de la fréquence des tempêtes en France, question à laquelle on peut raccorder la question de leur intensité, je signale cet article de Bessemoulin qui fait un point sur le sujet.


Evidemment, Martin et Lothar (en 1999) et Klaus (en 2009) ne sont pas les premières tempêtes qu'ait essuyées la France.

Le problème est qu'il n'existait pas, par le passé, d'instruments fiables capables de mesurer la force des vents.

Pour le 20ème siècle on peut cependant utiliser les évaluations de surface de chablis (arbres déracinés ou coupés).

Ceci donne le graphique ci-dessous où les données annuelles ont été regroupées par décennie.



(mise à jour du 17/02/2009 avec résultats INF concernant Klaus: 25.6Mm3.cette tempête étant supposée la seule de la décennie, ce qui n'est pas forcément le cas)

 


On sera toutefois prudent quant à la signification et l'utilisation d'un tel graphique étant donné l'évolution des méthodes d'estimation des chablis et l'évolution des essences d'arbres plantées.

Néanmoins dans les grandes lignes, il y a augmentation nette des dégâts forestiers au cours du 20ème, même si 1999 semble une année vraiment exceptionnelle qu'on pourrait, pour le moins, qualifier de centennale.



Et Klaus dans tout ça!


Il est trop tôt pour le dire, mais les chiffres indiqués, concernant uniquement la forêt landaise, sont plutôt préoccupants.


voici ce que déclare l'IFN à ce sujet :


« Les premiers chiffres avancés par le Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest fait état de plusieurs centaines de milliers d'hectares touchés et de forêts ravagées à 60 % dans le sud de la Gironde et les Landes. »


En gros, les zones citées contiennent 140 millions de m3 de bois sur pied.

60% cela ferait 80 millions de m3 environ, c'est sans doute très exagéré.

Mais bon il s'agit d'estimations de la part du syndicat des sylviculteurs et il faudra attendre des résultats plus fiables fin-février.

En tous les cas ce sera très probablement inférieur aux chablis suite à Lothar et Martin.


Voilà, nous n'irons pas plus loin pour le moment.

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1 février 2008 5 01 /02 /février /2008 18:39

Selon cette étude parue dans le Nature du 31 janvier 2008, la hausse locale des SST (sea surface temperature) serait responsable de 40% de l'augmentation de l'activité des cyclones en Atlantique.

 

Les auteurs, Mark A. Saunders et Adam Lea, ont utilisé un modèle statistique basé sur deux variables environnementales: les SST locales et le champ de vents.

 

Leur analyse n'a cependant pas identifié la cause du réchauffement des températures de l'océan, à savoir une augmentation naturelle, provoquée par la phase positive de l' AMO (Atlantic Meridional Oscillation) ou une augmentation provoquée par le réchauffement climatique anthropique.

 

nota: l'activité des cyclones est mesurée par l'indice ACE (Accumulated Cyclone Energy)

L'augmentation concerne la période 1996-2005 par rapport à la moyenne de la période 1950-2000.

 
 
Ce que j'en pense.
 

Il est indéniable que l'énergie contenue et libérée par un cyclone dépend de la température de l'eau.

Néanmoins, la fréquence d'apparition des cyclones dépend également de conditions atmosphériques bien particulières qui règnent dans la "couveuse" de cyclones, au large de l'Afrique équatoriale.

Comme indiqué dans le document d'accompagnement dans Nature, si la vitesse des alizés (trade winds) augmente, le cisaillement (wind shear), augmente également, et peut contrarier les vents cycloniques à la naissance du cyclone.

Pour augmenter l'activité il faut donc "agir" sur le "wind shear" et sur les SST de la zone de circulation du cyclone.

Concernant le futur, il n'est pas évident que les conditions atmosphériques restent favorables à la naissance des cyclones, bien que les SST dans cette zone soient prévues monter d'environ 2°C.

Toujours d'après la note d'accompagnement dans Nature, et bien que les dégâts et les malheurs occasionnés par les cyclones, lorsqu'ils atteignent les côtes, soient dramatiques, il ne faut pas vouer les cyclones aux gémonies.

Ils jouent en effet un rôle, non seulement de soupape, permettant d'évacuer la chaleur de cette zone, mais également de "mélangeur"  de la couche océanique.

Leur disparition, dans un monde plus chaud, ne serait pas forcément une bonne chose.

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